rêve #1

Je le prends par le cou, il se retourne et pose sa tête à l’endroit entre les épaules et la mâchoire. Je ne vois plus ses yeux mais je sais qu’ils rigolent. Ses yeux rient tout le temps. Avant je pensais qu’ils se moquaient de moi. Aujourd’hui je crois que ses yeux sont un peu gênés. Un peu gênés de rire comme ça, devant moi et puis les autres. Je vois les notes dans son téléphone comme si j’étais à l’intérieur. Lui aussi écrit des poèmes. Je ne me souviens pas du poème. Mais il y avait des mots comme miettes, coule, doutes, ieps (j’ai bien aimé l’usage du verlan). Cela pouvait être : 

Je voudrais voir l’intérieur de toi

les miettes qui coulent sur ta tête

qui font couler les doutes 

les enracinent dans tes ieps

Ou peut-être pas. Je me souviens que je pivote mon regard à l’extérieur du téléphone, vers sa nuque déposée sur mon cou. Je ne veux pas lire. Comme après la première cuillère d’une part de tarte à la framboise. L’étonnement sur les papilles. 

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