Gionesque

L’orage sous la foulée

de la horde

la terre foulée

l’herbe se replie

sous le poids

de la pluie

Je garde la robe grise

pour m’abriter les soirs

où le tonnerre résonne

au creux de la vallée

au pays de Giono

la nature appelle le silence la poésie

Je garde aussi la danse

contemporaine

le soleil sur la peau

la lisière des falaises

où l’on aperçoit l’à-pic

le mystère géométrique

des pinceaux sédimentés

le plaisir de se perdre

dans nos joies incertaines

les cols passés au pas

partager un sourire

comme un quartier de pomme

décroché de la lune

Je garde aussi la malice

les mues – les peaux qu’on laisse derrière nous

pour mieux se reconnaître

la tendresse

du bout des doigts

entre deux souffles

relier les âmes

les hanches sont semblables aux crêtes

chacun de ces instants aux cailloux

déposés sur les kerns

qui sillonnent nos vies

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